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souvenirs

j’ai regardé par la fenêtre. l’eau tombait, sans qu’il pleuve. je ne sais pas, je ne sais plus s’il tombait des cordes mais il ne pleuvait pas. Pourtant le bruit de cette pluie d’orage, j’aurais juré qu’il pleuvait. Ah ces pluies d’été martelant, chantant. je vois le bruit des gouttes contre le sol, contre les corps déjà trempés mais prêts à s’offrir encore et encore contre ces vagues d’humidité. je me rappelle la voiture et le chauffeur, à peine étonné. mais nous sommes en janvier et là bas c’est encore l’hiver. le temps de la neige feutrée, discrète. la neige cette pluie qui se regarde tomber. la neige, une pluie attardée. et je suis là bas en quête de mon propre regard, en quête de souvenirs que je ne souviens pas avoir oubliés. d’autres sonorités familières, sans doute quelques images oubliées, froissées. Je me rappelle, je me souviens, cette impression de connaitre sans savoir quoi. comme une histoire racontée maintes et maintes fois qu’elle s’en est usée au point de disparaitre.
tisserand de l’oubli, je cherche à voir ces dernières sonorités. Ces sons qui montrent le moment, ces sons qui claquent ou glissent dans le vent de la nuit. l’air est sec, les sons fusent alors qu’il pleut.
je vois ces regards derrière leurs fenêtres. ils imaginent cette pluie. peut-être même ont-ils oublié la vision de ces cordes, de ces trombes venant heurter le pavé. ils regardent sans comprendre, dans le doute, cernés par leur propre folie qui refuse d’entendre la neige pressée, celle qui tombe comme une pluie d’été.

Lhorens b. sartori

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