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un ange passe

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sans avoir à bouger ni courir, il suffit de regarder par la lucarne pour apercevoir ce ballet incessant. toutes ces ombres. à droite. à gauche. et même au travers de mon esprit. tant de mouvements et d’agitation alors qu’un battement de cil pourrait suffire. du haut de mes étages, d’un souffle comme d’un revers de la main je balaye cette mascarade, cette fin de siècle. fermer, ouvrir puis revenir. fermer, ouvrir. au prochain battement de cil je regarde de nouveau l’agitation et… rien ne bouge, lorsque soudain happé par la lumière obscure je disparais. plus aucun son ni même une variation sur un souffle. je cherche mes bruits, mes propres inquiétudes et non, rien. d’une obscurité à une autre, d’un chaos à la perfection du néant et de l’oubli.
quelques minutes, quelques heures ou plus passent dans un souffle sans musicalité. mon imaginaire tente de reconnaitre des vibrations mais pas la moindre tension de corde ou de peau.
j’avance, serein, je sens la pierre se rapprocher. proximité sans contact, frottements sans écorchure, je me laisse aller à contempler cet invisible, à profiter de ce concert. tourbillon. projection.
lumière du lieu sacré, c’est la magie et l’illusion qui me tire de mon sommeil. je suis face à l’irréel. ce moment où tout est possible, ce moment où c’est le bleu qui opère. même si le roi carmin veille, la musicalité est bien différente, le bleu est maitre. Cobalt ou plus profond, il m’entraine encore et encore dans les profondeurs insondables de mon néant. toujours face à l’irréel je m’en approche jusqu’à le toucher, jusqu’à me laisser posséder, je suis l’irréel. alors d’un battement de cil, d’un souffle…

Lhorens b. sartori

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