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nuit carmin

Le noir. le noir m’enlace. obscurité, l’escalier s’enlace. dédale de couloirs et de masses. une lumière sombre pour retomber dans le noir. les yeux ouverts qui roulent, et montent pour s’accrocher à quelques câbles photoniques.
nouvelle pesanteur.
Chuchotements et vent de parole. écouter pour ne pas dire. un cri s’échappe, claque! sans pouvoir être perçu, étouffé par les câbles. aller et venir. aller, aller et venir, douce perspective où les souvenirs du temps des mots, des sons et des paroles… lumière noire. le froid puis le chaud. pesanteur, apesanteur, une chute sans fin, une démarche. équilibre enfin. je vois ces visages multicolores et lointains, familiers sans doute. de parfaits inconnus avec proximité. des mains tendues et le souffle qui s’approche, la chaleur de la connaissance et de l’oubli. comment redouter d’être emporté par ces courants forts et profonds. je glisse sur le sol telle une ombre sans masse ni attache, je retrouve le couloir, effleure la pierre tiède.
Voir, être vu, apparaitre, disparaitre, être, apparaitre, disparaitre.
enfin la sombre lumière, ténue, un fil, un cheveux, un souffle de photons. une poussière d’étoiles maintenue comme une série de hasards dans la raison qui vacille. regarder une fois encore puis se laisser aller à cette obscurité protectrice.
Ouvert. fermé. ouvert. fermé. regarder le noir en face. tendre le regard,
regard du temps qui disparait.
nuit carmin.

Lhorens b. sartori

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