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pente douce

412-penteChercher, humer, remuer chaque gravillon pour ne trouver que le sable et la vapeur d’un temps oublié. je perçois encore si nettement les points, les contacts, sonorités, inquiétudes et rires. tant de vies broyées, gaspillées. l’ignorance a construit une histoire, le doute en a verrouiller les accès. donner sans jamais reprendre, donner sans attendre et pourtant…
l’éternité ouvre ses portes. tentation du gouffre, ne rien refuser. l’ensemble des impossibles se révèle. hallucinations ou illusions, nos rêves furent si réels mais la fuite les a fait voler en éclats. siècles après siècles je contemple depuis le balcon, les évolutions, les trajectoires. chutes et ascensions. quelques électrons plus loin, les yeux ouverts perdus au plus profond de la nuit, les reflets du visible sont absents. je ne cherche plus mon chemin, je deviens le chemin. volumes, reflets de formes invisibles, j’oublie jusqu’à la prochaine torpeur, jusqu’au prochain balcon. la pente est douce, la montée presque plaisante. pas d’arrêt ni de points de pause. aller au bout du bout, au delà la douceur de la pente. point de non-retour.
et après, encore après, plus loin, au delà. rien. rien de plus qu’un tout. rien de plus que les disparitions. rien de plus que ces illusions. l’analyse ne révèle que l’inutilité. l’analyse et le temps de n’analyse ne pointent que vers l’immobilité. l’analyse n’est que chemin. partager l’analyse ou prendre la pause de la contemplation réduit, dénature et détruit. seule l’analyse dynamique à la limite de la vitesse de circulation dans l’absolue nécessité de la chute permet d’entrevoir le temps d’avant. ce temps où le chemin reste visible. le chemin, jamais tortueux ou opaque mais limpide, évident. le chemin. course poursuite en équipe, le chemin et l’analyse.
plus loin, plus rien, plus vite. accepter le vide et la tentation de la chute. plus vite, plus loin. le néant n’est rien,  le néant n’est que le manque de vitesse et d’envie.  enfin ! la limite infinie où l’analyse dépasse le chemin. magie du moment, pas le temps d’en profiter et de rester accroché à un satori. il est temps de retourner voir de l ‘autre coté…

Lhorens b. sartori

ambiance : narcoleprosy (mold) praxis

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