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fragments

J’ai vu l’histoire commencer. au commencement, un rythme, des tambours puis des cordes tendues. De plus en plus tendues. je les ai vu au bord de la rupture, près de ce précipice qui effraie tant. de nouveau l’histoire se répète sans en percevoir les contours sans même avoir vu une chute. bonds et rebonds. la vue se brouille et les pulsations accélèrent, perception bridée, rythme effréné. une glissade le long du long couloir à proximité du tintement et des grincements. la vision me quitte mais la glissade, le murmure continus. le tintillement est devenu scintillement. aveuglé de sonorités et d’échos, j’ai perdu tout orientation. une lumière, la lumière apparait. puissante. c’est sa pâleur qui me réchauffe telle une caresse mélancolique, souvenir d’une impossibilité.
de nouveau les cordes tendues, boucles obsédantes, motifs mille fois travaillés. une chute puis l’assourdissant claquement clair et fragile qui transforme l’espace en fragments de cristal. pureté de l’instant qui voit l’histoire commencer. encore et toujours ce fracas, cette chute, ce fracas, cette chute, ce fracas.
silence.
je me souviens.

Lhorens b. sartori

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