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un petit tour

avancer encore et encore, se protéger mais refuser de reculer. encore, plus vite, encore plus loin. attention à droite, en haut, ne plus descendre. tant et tant de fois faire le tour, une simple plaque de quelques mètres, une simple plaque de quelques centimètres, une simple plaque de quelques milliers de kilomètres. Sans cesse et sans arrêt, faire le tour, imiter la Terre nourricière qui tourne sur elle même sans jamais tenter de revenir au point origine. ne pas revenir pour ne pas savoir qu’il existe un départ, un premier souffle.
attraction, répulsion. le jeu de la non séduction car seul l’équilibre compte, la rencontre, la collision est fatale.
la Terre nourricière, proche et loin de son étoile. des mécaniques environnantes reproduisant sans fin ces modèles. des mécaniques environnantes qui ont appris des lettres puis des mots sans jamais en comprendre le sens. des lettres, des mots sans sens mais avec bruits et vacarme. le sens n’est plus, seul le son existe. sans sens la rotation disparait. sans rotation l’existence est menacée. un retour aux sources. un début, une fin.
accepter de regarder de plus près, rompre l’équilibre pour augmenter la proximité. le rêve, le chemin disparait. c’était là tout près, la chimère revêtue de ces plus beaux habits. prétentieuse habitude qui pense toujours triompher de la crédulité, de la vaste ignorance qui préfère le calme obscure à la route sinueuse d’une réalité.
alors, je tourne sans cesse, sans cesser de poursuivre la ligne et la courbe à la recherche de l’autre courbure, celle du temps, celle qui me laissera percevoir même qu’il instant le point des origines, le souffle initial, le silence primal.

Lhorens b. sartori

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