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(typo)lo.graphie

chaque mouvement crée le mouvement, chaque pas amène une nouvelle lecture. s’arrêter, lire, avancer, reculer. se repérer et lire de nouveau, la même séquence, différente. jeu de cache-cache où la perspective disparaît. faire le tour encore et encore. répétition, rupture, chute. collage, décollage, usure de la lettre, et pourtant. il est toujours possible de faire le tour, de lire et relire sans obtenir une lecture identique. copier, reproduire et tout recommencer encore et encore. debout, assis. tourner le dos à la palissade pour l’oublier, reprendre de zéro, ne rien mémoriser. le mot disparaît encore et encore, la lettre a pris le pouvoir et le moindre mouvement amène l’abstraction cubique d’un mot, d’une phrase qui n’existe que par le point de vue. la lumière change et la perception du mot suit, se liquéfie dans une arabesque photonique. le promeneur, celui qui ne fait que passer perçoit un texte, une vérité, sa vérité. son passage, sa promenade ne lui donne qu’un point de vue, le sien. il est incapable de percevoir ou d’imaginer l’autre. la certitude de son point de vue unique et déjà erroné lui suffit. il est toujours possible que le promeneur, le passant, le certain s’arrête et fasse un pas – même insignifiant. pas de coté ou pas compté, c’est toute sa lecture qui s’en verrait modifiée. mais cela ne changerait rien à sa perception, il passerait d’une certitude à une autre, d’un univers le sien, à un autre, toujours le sien; sans même percevoir le passage d’un univers à l’autre. pour voir l’autre, des autres cotés du miroir, il faut accepter cet autre, le possible et l’impossible. ne pas arbitrer. regarder pour profiter, chercher. ne pas se contenter d’une simple réponse exhibée dans une seule dimension. pour voir, il faut regarder et accepter. accepter de ne pas voir. accepter de se tromper. tout existe mais tout n’est pas toujours visible, immédiatement visible.  la diversité est la source de la vision. accepter de faire le tour, encore, encore, encore, encore, encore et encore. sans cesse de changer de pas, de regard, de hauteur et puis accélérer. plus vite encore. aller plus vite. mélanger tous ces tours, tous ces points de vue dans une ronde vertigineuse, à une vitesse où tous les points de vue se rejoignent, au moment de la fusion. celle de la conscience qui s’ouvre. celle où le corps et l’esprit sont submergés de toutes les vérités pour former un moment, un espace où la vérité disparaît. je vois, donc je suis. assembler l’ensemble des points de vue pour permettre le désassemblage des unités égoïstes.
alors je me lève et commence à enchaîner les tours, les variations. doucement tout d’abord, pour profiter en tentant de mémoriser chaque tour passé. peut-être aurais-je le courage d’accélérer pour trouver la lumière. un pas de coté, une tête baissée. un tour à l’envers. j’avance.
oseras tu ?

Lhorens b. sartori

ambiance : the 7th (meridiem)

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