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hordes

j’ai vu passer ces capitaines, ces hommes en armes et cortèges. j’ai vu leur brutale inutilité. serviles, ils plaisent aux puissances; cupides, il espèrent des richesses.
leur qualité ? le nombre et l’obéissante au chef payeur.
armée, cortège de pleutres en uniformes. j’ai vu passer leurs bottes crottées, éclaboussées par des volutes nauséeuses. le triste sentiment de gâchis m’enivre et me pousse à m’éloigner de ce cortège d’un autre temps. temps où les capitaines et leurs hommes faisaient ripailles et s’amusaient d’un rien, d’une différence… pour le moins, leurs excès pouvaient faire sens, ils allaient mourir.
assis au bord du chemin, mon attardement est devenu interrogation, puis inquiétude. leurs vies sont-elles à ce point perdues qu’ils revêtent ce type d’armures toutes aussi bruyantes qu’inutiles ?
amures de coton et de fibres synthétiques, point d’élégance ici, mais la copie de modèles disparus depuis longtemps. reproduction de codes sans en comprendre le sens. En n’empruntant que les apparences, ils empruntent le pire, les singeries sans l’intelligence, le costume sans la fonction. Leurs vieux capitaines sans gloire passée leur font croire que l’habit amène la valeur. Vieux capitaines, eux mêmes corrompus et sans conscience aucune que la valeur construit et pose l’habit.
j’ai vu passer ces capitaines, ces hommes en armes et cortèges. j’ai vu leur brutale inutilité.
Je les ai vu disparaitre en ouvrant grands les yeux, je les ai vu disparaitre car ils n’existent que parce que nous accordons un crédit, parce que nous les regardons défiler. ils ne sont rien que des ombres perdues échappées d’un néant d’un autre age. ombres parmi les ombres, ils se liquéfient au premier regard, à la première lueur, à l’esquisse d’une pensée.
ils ne sauront jamais que la richesse nait de la diversité.

à patrick mac gohan

Lhorens b. sartori

ambiance : Lament (nûs)

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